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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 20:33

 

Le Pacte Roerich : l'histoire et l'actualité

 

roerich-museum-2

Cinq jours pour découvrir le parcours foisonnant et l’engagement en faveur de la paix et de la protection du patrimoine culturel de Nicolas Konstantinovitch Roerich (1874 –1947), humaniste, peintre, écrivain, archéologue russe.


Peintre prolifique, il est l’auteur de quelque sept mille toiles empreintes de ses voyages (Russie, Europe du Nord, États-Unis et Inde), de sa quête de spiritualité et de son amour pour la nature, la paix et la culture.

Outre sa carrière artistique, Nicolas Konstantinovitch Roerich est l’artisant du Traité pour la protection des institutions artistiques et scientifiques et des monuments historiques, connu sous le nom de « Pacte Roerich », qui marque l’aboutissement de son engagement en faveur de protection du patrimoine culturel.

Le Traité, signé à Washington en 1935, prévoit dans son article premier que « les monuments historiques, les musées, les institutions dédiées aux sciences, aux arts, à l'éducation, et à la culture seront considérés comme neutres, et comme tels seront respectés et protégés par les belligérants. […]». Et l’article III spécifie : « pour désigner les monuments et institutions mentionnés à l'article premier, on pourra se servir d'un drapeau distinctif conforme au modèle annexé au présent traité (un cercle rouge renfermant une triple sphère, le tout sur fond blanc). » Il s’agit là de la Bannière de la Paix, conçue comme symbole de protection de la culture et des biens culturels, à l’instar de la croix rouge qui symbolisait la protection des hôpitaux.

Après la Seconde guerre mondiale, le Pacte Roerich, toujours en vigueur, sera complété par la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé de la Haye de 1954. 

Cette exposition, réalisée par le Centre international des Roerich (International Centre of the Roerichs, ICR), retrace la vie de Nicolas Roerich, son engagement à travers l’histoire du Pacte Roerich et celle de la Bannière de la Paix, ainsi que vingt années d’activités du Centre dédié à la promotion du Pacte.

L’inauguration de l’exposition, le 2 avril à 18 heures, sera suivie de la cérémonie de remise du prix international « L'arbre de vie » qui sera décerné à :
- Mme L. Shaposhnikova, Directrice générale du Musée Roerich,
 
- S. Exc. M. B.Boutros-Ghali, Président du Panel international sur la démocratie et le développement, ancien Secrétaire général de l'ONU,
 
- S. Exc. Dr K.Singh, Président du Conseil indien des relations culturelles,
 
- S. Exc. M. Ch. Aznavour, Ambassadeur, Délégué permanent de l'Arménie auprès de l'UNESCO.

Details

 

http://www.unesco.org/new/fr/unesco/events/all-events/?tx_browser_pi1%5BshowUid%5D=6283&cHash=49685b3e9c


Type d'événement

Exposition

Début

02.04.2012 10:00 heure locale

Fin

06.04.2012 17:30 heure locale

Point focal

BPI

Organisateur

Permanent Delegation of the Russian Federation to UNESCO and the Permanent Delegation of India to UNESCO

Contact

01 45 68 26 83, dl.russie@unesco-delegations.org

Pays

France

Ville

Paris

Lieu

UNESCO Headquarters - Siège de l'UNESCO

adresse

7, place de Fontenoy

Salle

Salle Pas Perdus

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 22:48

 
UNESCO


http://www.unesco.org/fr/
http://www.unesco.org/fr/rapprochement-of-cultures/high-panel-on-peace/logue/intercultural-dialogue/

 

 

https://mail.google.com/mail/ca/u/0/?shva=1#inbox/13c8b8e91d747ec6

 


 Pour renforcer les activités de l’UNESCO sur le dialogue entre les cultures et la paix, la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, a décidé d’instituer un Haut Panel de personnalités éminentes invitées à seconder la réflexion de l’UNESCO sur les nouvelles dimensions de la paix dans notre monde à l’ère de la diversité culturelle et des conditions de la mondialisation, et du rôle que peut jouer le dialogue entre les cultures.  

 La première réunion inaugurale du Haut Panel sur la paix et le dialogue entre les cultures rassemblera une vingtaine de personnalités de tous les horizons géographiques et intellectuels – chercheurs, scientifiques, représentants de la société civile, journalistes, écrivains, artistes et créateurs, entrepreneurs, dignitaires religieux, tous des femmes aussi bien que des hommes. Cette première réunion du Haut Panel prévue au Siège de l’UNESCO le 18 février 2010, marquera également le lancement officiel de l’Année internationale du Rapprochement des cultures. Il est prévu que les membres du Haut Panel se réunissent une à deux fois par an et que sa composition puisse évoluer en fonction des thèmes abordés.  

 Le Haut Panel sur la  paix et le dialogue entre les cultures aura pour mission principale d’accompagner le travail de l’UNESCO dans ce domaine et de mobiliser les perspectives diverses des différentes régions du monde et un éventail d’acteurs concernés.

  

BSP/2010/ME/H/1

PANEL DE HAUT NIVEAU SUR LA PAIX

ET LE DIALOGUE ENTRE LES CULTURES

DOCUMENT DE REFERENCE

Première réunion (inaugurale)

UNESCO, 18 février 2010

 

BSP/2010/ME/H/1

L’UNESCO, une solide expérience de plus de 60 ans

L’UNESCO, par son Acte constitutif, a pour mission ultime de construire la paix, et ce, par une voie

originale, qui est de resserrer la coopération internationale en éducation, sciences, culture et

communication. C’est là une mission complémentaire à celle de l’ONU qui est « de faire et

maintenir » la paix, par des accords économiques, sociaux ou politiques. Mais cela ne suffit pas.

Encore faut-il constituer les fondements de la paix, grâce aux agences spécialisées qui gravitent

autour de l’ONU. Parmi celles-ci, l’UNESCO est chargée de tout ce qui concerne l’esprit (et le

coeur) des hommes et des femmes, en suscitant, grâce à ses domaines de compétence,

« l’adhésion unanime, durable et sincère des peuples » à l’idée de paix.

Depuis sa fondation, il y a plus de 60 ans, l’UNESCO s’est donc employée à développer

l’éducation, les sciences, la culture et la communication au service de la paix. Ce faisant, elle a

adapté son action aux circonstances, c'est-à-dire aux besoins du moment, oscillant entre une

vision purement technique de son mandat (développer l’éducation, la science, la culture et la

communication, per se) – et une vision plus « idéologique » (développer l’éducation, la science, la

culture et la communication pour les mettre au service de la paix, et non comme une fin en soi).

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, tout était à reconstruire. D’où l’idée de participer,

notamment en Europe, à un « Plan Marshall » pour la reconstruction, au service de la paix, des

institutions éducatives, scientifiques, culturelles et de communication détruites par la guerre. Au

moment de l’irruption, sur la scène internationale des États nouvellement indépendants, à l’issue

des processus de décolonisation (de la fin des années 1960 à la fin des années 1980), l’accent fut

mis sur la lutte contre la discrimination, le racisme et l’apartheid et l’accession au statut de Nations

à part entière. Au début des années 1990, quand il devint évident que les guerres changeaient de

nature et devenaient plutôt des conflits internes, l’accent fut mis sur la consolidation de la paix à

l’issue des conflits ; des programmes nationaux de « culture de la paix », reposant sur une action

conjuguée des domaines de compétence de l’Organisation furent expérimentés dans des pays

comme El Salvador, le Mozambique, le Cambodge, le Rwanda…, immédiatement après la

conclusion des accords de paix, pour éviter que les institutions reconstruites ne conduisent de

nouveau au conflit. Au cours de la dernière décennie, marquée par la « Décennie internationale de

la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde » ainsi

que par le « Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations » il devint évident que les

menaces sur la paix se diversifiaient : outre la perception nouvelle de menaces telles que le

terrorisme, la gestion des ressources en eau, le changement climatique, la défaillance de certains

États, l’accroissement de la violence dans nombre de sociétés, l’utilisation de l’espace ou du

cyberespace, l’accent essentiellement mis sur le lien entre le désarmement et la paix au cours des

décennies précédentes, s’est clairement déplacé vers le dialogue et la compréhension dans un

monde de diversité. C’est pourquoi, lors de la définition des orientations stratégiques de

l’Organisation pour la période 2008-2013, l’une des principales priorités stratégiques a été

intitulée : « Promouvoir la diversité culturelle, le dialogue interculturel et une culture de la paix ».

Ce bref aperçu de 60 années montre que l’UNESCO, tout en adaptant son action aux nécessités

du moment, a toujours été fidèle à sa mission de bâtir la paix dans l’esprit des hommes.

Dans cette fidélité, un invariant est la définition de la paix, telle qu’elle résulte de l’Acte constitutif

de l’UNESCO, dans ses différentes composantes : principes démocratiques, droits de l’homme,

justice, liberté et solidarité. L’Acte constitutif de l’UNESCO est le seul texte à valeur universelle, de

cette époque, à faire référence aux principes démocratiques, qu’il définit en termes de dignité,

d’égalité et de respect de la personne humaine1. Le respect des droits de l’homme et des libertés

fondamentales pour tous « sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion » est aussi

l’un des objectifs que poursuit l’UNESCO au terme de son Acte constitutif – des droits de l’homme

dont la Conférence mondiale de Vienne, en 1993, a réaffirmé l’universalité et l’unité. Quant à la

1 La guerre est rendue possible par le « reniement de l’idéal démocratique de dignité, d’égalité et de

respect de la personne humaine ».

 

 


justice et la liberté (citées là aussi par l’Acte constitutif comme un idéal à atteindre, tant comme

principe moral que comme disposition légale, par exemple par la diffusion de la culture et

l’éducation de tous) ainsi qu’à la solidarité (que l’Acte constitutif définit comme « morale » et

« intellectuelle »), ce sont autant de principes fondamentaux sans lesquels il n’est pas de « paix

durable », c'est-à-dire une paix qui soit autre chose qu’une simple « absence de guerre ».

Un nouveau contexte

À l’orée de la deuxième décennie du XXIe siècle, on peut à nouveau se demander si l’UNESCO ne

devrait pas changer de méthode et d’approche, c'est-à-dire adapter son action au nouveau

contexte, tout en gardant le cap, construire la paix dans l’esprit des hommes. La question qui se

pose est de savoir, dans la mesure où il est de plus en plus admis à l’échelon international que le

dialogue contribue de façon décisive à la paix et à la réconciliation, comment l’UNESCO peut se

positionner pour exploiter toutes les possibilités de dialogue à tous les niveaux.

La mondialisation, ses processus, son impact sont aujourd’hui des notions prévalentes qui ne

s’imposaient pas avec une telle force il y a dix ou vingt ans. Il est clair que les conditions de

construction de la paix ont été beaucoup modifiées par ces processus. C’est sur ce thème que les

vues du Panel sont recherchées, et notamment sur les relations entre dialogue des cultures et

paix.

Pourquoi le dialogue des cultures ? Parce que c’est un thème encore insuffisamment exploré dans

ses rapports avec la paix (il suffit de voir le « glissement », dans les termes utilisés, de « clash » à

« dialogue » ou « rapprochement » ; de « cultures » à « civilisations » ou à « peuples », sans que

l’on sache si ce glissement révèle des évolutions idéologiques ou conceptuelles, des

positionnements politiques ou des problèmes de traduction), et que chacun pressent que, du fait

de la mondialisation, une nouvelle donne est en cours, que l’UNESCO pourrait contribuer à influer

et à orienter.

La « diversité culturelle » est au coeur de l’action de l’UNESCO depuis un certain temps, tant en ce

qui concerne la réflexion que l’action normative. La Déclaration de 2001 sur la diversité culturelle,

suivie en 2005 d’une Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions

culturelles, sont autant de jalons de cette action normative, qui reconnaît dans la promotion de la

diversité des expressions culturelles un des facteurs de la paix. Tout récemment, l’UNESCO a

publié un Rapport mondial sur la diversité culturelle, qui a pour premier objectif de battre en brèche

un certain nombre d’idées reçues sur la diversité culturelle et d’élucider les conditions qui

permettraient à la diversité culturelle d’être bénéfique : la première d’entre elles, c’est d’instaurer

un véritable dialogue entre les cultures, sans quoi la diversité culturelle risque de se flétrir, ou de

mourir d’inanition. Car la diversité culturelle est d’abord une dynamique, et il convient d’élucider

les moyens de maintenir cette dynamique, dans des sociétés de plus en plus diversifiées, où

coexistent plusieurs cultures qui, selon la définition retenue par la communauté internationale,

englobent « outre les arts et les lettres, les modes de vie, les façons de vivre ensemble, les

systèmes de valeur, les traditions et les croyances ».

Bref, la question que pose l’UNESCO – et à laquelle les réflexions du Panel pourraient apporter un

début de réponse – est : est-ce qu’une réflexion novatrice sur le dialogue des cultures peut

apporter à la construction de la paix ?

 

 

Quelques pistes de réflexion

Les vues du Panel de haut niveau sont donc sollicitées sur le thème suivant : en quoi le dialogue

des cultures peut-il renouveler, dans le monde actuel, notre approche des moyens de construire la

paix dans l’esprit des hommes ?

Un présupposé à cette question : c’est que les principes fondamentaux de la paix (tels que cités

dans notre Acte constitutif : principes démocratiques ; droits de l’homme ; justice ; liberté, et

solidarité) ont besoin d’être « appropriés » par les différentes cultures (dans toutes leurs

composantes) pour être effectivement exercés et donc conduire à la paix, au lieu de rester des

normes abstraites, voire imposées par les autres. L’universalité des principes fondamentaux de la

paix ne peut donc sortir que renforcée d’un authentique dialogue entre les cultures. Pour ce faire,

peut-être conviendrait-il :

(i) D’améliorer, et explorer les conditions d’un authentique dialogue des cultures

sur divers thèmes relatifs à la paix. Des questions méritent d’être posées comme :

quels sont les objectifs qui peuvent être assignés au dialogue des cultures sur la paix ?

Qui décide de l’agenda ? Quelles sont les exigences minimales, les risques, pièges et

écueils inhérents ? Quelles sont les perceptions du concept « d’égalité dans le

dialogue » ? Comment concilier raison et émotion ?

(ii) De faire appel à une large diversité d’acteurs. On sait bien que ce ne sont pas les

« cultures » qui se font la guerre, mais les acteurs étatiques, institutionnels,

économiques, religieux, etc. Aussi conviendrait-il de faire appel à d’autres acteurs, y

compris individuels, qui vivent, façonnent et perpétuent les cultures ; car comment

dialoguer, sinon entre individus ? Il s’agira, pour le Panel, d’ouvrir des plates-formes de

dialogue entre d’autres partenaires, de différentes cultures, qui ne sont pas

nécessairement habitués à être ensemble et engagés dans un dialogue ; de trouver les

moyens d’impliquer et de donner force à de nouvelles voix dans le dialogue, comme

les jeunes, les femmes, etc. On peut attendre de ces nouveaux acteurs, jusqu’ici peu

sollicités, une vision alternative, renouvelée et novatrice des conditions de la paix. On

pourrait aussi penser à faire un usage beaucoup plus large des possibilités qu’offrent

les nouvelles technologies de l’information pour faciliter le dialogue.

(iii) De renouveler nos partenariats, y compris en aidant à forger de nouveaux

partenariats publics/privés au service de la paix. Les partenaires du « dialogue des

cultures » sont connus : il s’agit principalement de partenaires gouvernementaux

(ONU, Alliance des civilisations, Conseil de l’Europe, Union européenne, ALECSO,

ISESCO, etc.) et non gouvernementaux. Comment élargir ces partenariats, au-delà de

la sphère du gouvernemental et du non gouvernemental, au secteur privé, qui peut

avoir un intérêt à renouveler le « dialogue des cultures au service de la paix » ? On sait

aujourd’hui que diversité culturelle et économie sont loin d’être incompatibles, car la

diversité culturelle favorise la créativité et l’innovation. Comment tirer parti, par

exemple, de la nouvelle voie offerte par la reconnaissance des identités et des

individus pour élargir le pluralisme culturel à toutes les sphères de la société, y compris

privées ?

Tels sont quelques-uns des axes sur lesquels le Panel pourrait réfléchir, visant à explorer les

potentialités qu’offrirait un authentique dialogue des cultures pour la construction de la paix, basé

sur une solidarité entre toutes les cultures afin de créer une nouvelle éthique universelle du vivre

ensemble.

 

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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 00:18

roerich pactParis, 21 février {N°97-23} - Le "droit de l’être humain à la paix" devrait être reconnu et la célébration, en 1998, du 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme pourrait être l’occasion de cette reconnaissance, suggère le Directeur général de l’UNESCO, Federico Mayor. Souhaitant aller plus loin que l’article III de la Déclaration et donner à la paix le caractère d’un véritable droit de la personne humaine, Federico Mayor poursuit son effort pédagogique en faveur de la paix.

Dans une déclaration de quinze pages, publiée à la veille de la rencontre "Droit de l’être humain à la paix et Culture de paix" que l’UNESCO organise du 23 au 25 février à Las Palmas, le Directeur général de l’UNESCO appelle à une mobilisation urgente «pour passer en deux ou trois ans d’une culture de guerre à une culture de paix». «Traduisons la Déclaration [universelle des droits de l’homme] dans toutes les langues, affichons-la dans toutes les écoles, dans toutes les maisons, aux quatre coins du monde! Ainsi l’utopie d’aujourd’hui deviendra l’heureuse réalité de demain!», proclame-t-il dans cette déclaration.

Federico Mayor y rappelle bien sûr l’importance de la paix: «Une paix durable est la condition préalable de l’exercice de tous les droits et devoirs de l’être humain. [...] Paix, développement et démocratie forment un triangle interactif. Chacun de ces trois éléments est tributaire des deux autres». Mais le Directeur général de l’UNESCO insiste surtout sur la prévention: «Il nous faut débusquer les causes profondes des problèmes mondiaux et nous efforcer, en agissant avec imagination et persévérance, d’étouffer les conflits à la racine ou, mieux encore, de les prévenir. La prévention: voilà la véritable victoire à la mesure des facultés propres à l’être humain

Cette prévention suppose un engagement total: «La renonciation généralisée à la violence requiert l’engagement de toute la société. Elle est l’affaire non du gouvernement mais de l’Etat, non de quelques dirigeants mais de l’ensemble de la société [...]. La mobilisation qui est nécessaire d’urgence pour passer en deux ou trois ans d’une culture de guerre à une culture de paix exige la coopération de tous. [...] Il faut une nouvelle approche de la sécurité à l’échelle mondiale, régionale et nationale. Les forces armées doivent être garantes de la stabilité démocratique et de la protection des citoyens, car il est impossible de passer de systèmes caractérisés par une sécurité totale et une liberté nulle à des systèmes où la liberté serait totale et la sécurité, nulle. [...] Aujourd’hui, nous sommes préparés à l’éventualité de la guerre et nous vivons notre existence quotidienne démunis et sans défense face aux vicissitudes de toute nature.»

«Il est évident que l’on ne peut payer en même temps le prix de la guerre et celui de la paix», précise Federico Mayor qui développe ensuite les nombreux apports que l’éducation peut fournir à ce combat pour la paix. «Investir dans l’éducation, ce n’est pas seulement respecter un droit fondamental, c’est bâtir la paix et le progrès des peuples», souligne-t-il. Il insiste aussi sur le fait que cette transformation profonde ne peut se faire sans la jeunesse, et encore moins à son insu.

Convaincu de cette nécessité de voir la jeunesse se ranger sous «la bannière de la paix et de la justice», Federico Mayor a proposé que la prochaine session de la Conférence générale ait pour thème central de réflexion: "L’UNESCO et les jeunes". «Quel que soit le thème abordé [...], toutes les grandes conférences des Nations Unies se sont accordées à proclamer que l’éducation est la clé de l’indispensable changement d’orientation d’un monde où l’écart qui nous sépare les uns des autres, en termes de richesses matérielles et de savoir, ne cesse de se creuser au lieu de se combler», précise-t-il dans sa déclaration. Il ajoute: «Chaque enfant est le patrimoine le plus important à sauvegarder. Parfois, on a l’impression que l’UNESCO s’efforce uniquement de préserver les monuments en pierre ou les sites naturels. Ce n’est pas le cas. C’est là ce qui est le plus visible. Le moins vulnérable. Mais nous devons protéger la totalité de notre héritage: le patrimoine spirituel, intangible, fragile. Le patrimoine génétique. Et surtout le patrimoine éthique, ces valeurs essentielles, universelles, que notre Acte constitutif définit avec une clarté inspirée.»

Après ces précisions sur le rôle fondamental de la jeunesse, Federico Mayor lance un avertissement solennel: «En 1989, un système s’est effondré parce que, fondé sur l’égalité, il avait oublié la liberté. Le système actuel, fondé sur la liberté, risque de connaître le même sort s’il oublie l’égalité et la solidarité. [...] C’est pourquoi la morale - et l’intérêt - nous commande de renforcer sur tous les fronts la lutte contre l’exclusion et la marginalisation.» Mais la tolérance est, elle aussi, de mise: «Une conscience de paix [...] n’est pas une chose qui s’improvise du jour au lendemain ou qui se décrète. Elle se forge dans le retour - après la fin des illusions du matérialisme et de l’asservissement au marché - à la liberté de penser et d’agir, sans artifices, à l’austérité, à la force indomptable de l’esprit, qui est la source même de la paix comme de la guerre, ainsi que l’avaient proclamé les fondateurs de l’UNESCO.»

Pour Federico Mayor, le passage de l’instinct de guerre à cette conscience de paix serait le plus beau cadeau que les générations actuelles pourraient faire à nos descendants. «Ce serait aussi la meilleure façon de célébrer en 1998 le cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme», précise-t-il avant de rappeler: «D’autres "droits" sont venus s’ajouter à ceux qui avaient été proclamés en 1948. Tous doivent être pris en compte, sans oublier celui qui conditionne tous les autres: le droit à la paix, le droit de vivre en paix, qui n’est autre que le droit à notre "souveraineté personnelle", au respect de la vie et de sa dignité.»

La Déclaration se termine par un vibrant appel qui, lui aussi, replace les droits de l’homme dans ce contexte global, et donc ouvert à tous et à toutes, sans exclusive: «Les droits de l’homme! A l’aube d’un nouveau millénaire, tel doit être notre idéal: mettre ces droits en pratique, les compléter, les vivre, les revivre, les réactiver chaque matin! Aucune nation, aucune institution ou aucun individu ne peut se sentir autorisé à s’approprier ou à représenter les droits de l’homme et encore moins à délivrer des brevets aux autres dans ce domaine. Les droits de l’homme ne sont pas quelque chose que l’on possède ou qu’on peut donner: il faut les conquérir et les mériter chaque jour

Le texte intégral de la Déclaration sur le droit de l’être humain à la paix est accessible sur le site Internet (http://www.unesco.org) et disponible en 6 langues (anglais, arabe, chinois, espagnol, français, russe) auprès du Service de presse de l’UNESCO (tél. + 33 (0)1 45 68 17 44).

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Published by ASSOCIATION FRANCAISE de la BANNIERE de la PAIX - dans Unesco - Paix & Patrimoine
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