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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 17:55

1Bruges.jpg 1ére conférence Internationale, Bruges 1931 (photo ci-contre)


De retour aux Etats-Unis puis en Europe, en 1929, après son expédition en Asie centrale, Nicolas Roerich plaida pour une Culture rassemblant toutes les disciplines de l’esprit humain et de la Paix entre les peuples. A New York il lança le projet du Roerich Pact and Banner of Peace. Ce pacte fut approuvé, en 1930, par une autorité internationale, la Société des Nations, et il reçut l’enthousiaste adhésion du roi des Belges, Albert 1er, du président Franklin D. Roosevelt,  de Rabindranâth Tagore, Maurice Maeterlinck, sir Jagadis C. Bose et de bien d’autres personnalités de la culture, de l’éducation et de la politique, et de militaires tels le maréchal Lyautey, l’amiral Taussig ou le général Gouraud. Le Pacte Roerich stipule que toutes les institutions éducatives, artistiques, scientifiques et religieuses, que tous les sites ayant une signification et une valeur culturelle et historique doivent être reconnus comme inviolables et respectés par toutes les nations en temps de guerre comme en temps de paix. Dans ce but, un traité fut établi pour être signé par toutes les nations, et Nicolas Roerich dessina une bannière qui devait flotter sur tous les monuments et sites à protéger. Cette Bannière de la Paix, comme le souligna Nicolas Roerich, devait ainsi désigner les sites où elle serait déployée comme territoires neutres. Le Pacte Roerich fut rédigé suivant les codes du Droit international par Georges Chklaver, docteur en Droit international et en Science politique de l’Université de Paris, en consultation avec Albert Geouffre de la Pradelle, membre de la Cour de Paix de La Haye.

 

Cette noble idée germait depuis de longues années dans la pensée de Nicolas Roerich, puisqu’il proposa un projet relativement semblable, en 1904, à la Société Impériale des Architectes de Russie et, en 1914, peu avant la déclaration de la guerre, il présenta un second projet au tsar Nicolas II et au Grand-Duc Nicolas.

 

028 25ALe Pacte Roerich fut sanctionné par l’Office International des Musées à la Ligue des Nations. Des comités et de nombreuses associations culturelles se formèrent alors à travers le monde pour l’application de ce pacte sous le nom de Société Pacte Roerich et Bannière de la Paix. A Paris, Marie de Vaux-Phalipau, membre de l’Institut International d’Anthropologie, Auguste Gauvain, membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, Georges G. Chklaver, docteur en Droit international, l’éditeur Justin Peyronnet et Raoul E. Lapeyre, publiciste, créèrent, en juin 1929, l’Association Française du Roerich Museum et un Comité Pacte Roerich.

 

P2260089Nicolas Roerich surnomma la Bannière de la Paix la « Croix Rouge » de la Culture, en déclarant : « L’humanité s’est accoutumée au signe de la Croix Rouge. Ce beau symbole a pénétré la vie et a permis à toute existence d’affirmer le concept de l’humanitaire. La même réalisation humanitaire, la même inéluctable reconnaissance de ce qui est vital doit entourer la « Bannière de la Culture ».

 





BRUGE 1933En 1931, se tint la première Convention Internationale dédiée au Pacte Roerich et à la Bannière de la Paix à Bruges, en Belgique. Cette convention suscita l’intérêt de plusieurs gouvernements européens, et elle fut suivie par une seconde convention qui se tint de nouveau à Bruges en 1932. Après la cession de cette convention, fut créée, à Bruges, la Fondation Roerich pour la Paix, l’Art, les Sciences et le Travail. Des représentants de gouvernements, civils et militaires, des personnalités culturelles et religieuses, des sociétés scientifiques et artistiques participèrent aux deux conventions et plaidèrent en faveur de la mise en œuvre du Pacte Roerich et de la Bannière de la Paix. Au cours de la seconde convention, il fut décidé de recommander aux gouvernements de toutes les nations d’adopter les mesures humanitaires du Pacte Roerich.

 

IMG 1041Les 17 et 18 novembre 1933, se tint à Washington, à l’hôtel Mayflower, la Troisième Convention Internationale de la Paix. Des chefs de gouvernements, des leaders religieux, des personnalités des arts, des sciences et de l’éducation y représentèrent 35 nations. Un mois plus tard, les membres de la Septième Conférence de l’Union Panaméricaine de Montevideo signèrent unanimement une résolution qui acceptait les modalités du Pacte Roerich, et ils pressèrent les responsables des 21 pays de l’Amérique latine de signer ce pacte et, de cette façon, de faire appliquer ses grands principes dans la vie. Dès lors, des comités du Pacte Roerich et de la Bannière de la Paix fonctionnèrent activement en Amérique, en Europe et en Asie. Cette même année, l’Union Internationale pour le Pacte Roerich, à Bruges, élut Camille Tulpinck comme président et le professeur M. Adatci, président de la Court Internationale de La Haye, comme protecteur. En 1934, fut créé à Harbin un Comité du Pacte et de la Bannière de la Paix.

 

P2260090C’est le 15 avril 1935 que le Pacte Roerich fut signé par le président Franklin D. Roosevelt et les représentants des 20 républiques d’Amérique latine à la Maison Blanche. Le secrétaire d’Etat, Cordell Hull, et le secrétaire à l’agriculture, Henry A. Wallace, prirent une part active dans le patronage de ce projet. Henry A. Wallace montra un vif intérêt pour le patrimoine intellectuel de l’Asie et sa philosophie, et il resta en correspondance suivie avec Nicolas Roerich quand ce dernier s’installera définitivement en Inde.

 

Après la signature du Pacte Roerich, le président Roosevelt délivra le message suivant, au cours d’une émission de radio de diffusion internationale : « Il est des plus approprié aujourd’hui, jour désigné comme le Panamerican Day par les chefs de gouvernements de toutes les Républiques du continent américain, que ces gouvernements aient signé un traité qui marque un pas en avant pour la préservation des chefs-d’œuvre culturels des nations de cet hémisphère. En soumettant ce pacte à l’adhésion du monde, nous nous efforçons de mettre universellement en application l’un des principes vitaux pour la préservation de la civilisation moderne. Ce traité possède une signification spirituelle bien plus profonde que le texte du traité lui-même. Renouvelons notre allégeance à ces hauts principes de coopération et d’entraide internationale. »

 

Roerich_conf__Riga_1937.jpgEn octobre 1937, un Congrès des Sociétés Roerich des Pays baltiques se tint à Riga, en Lettonie. Le 17 novembre 1938 la Bannière de la Paix fut déployée à Karachi par H.C. Kumar. Dans une lettre qu’il adressa à Nicolas Roerich, Rabindranâth Tagore écrit : « J’ai vivement suivi votre remarquable réussite dans le domaine des Arts et aussi votre grand travail humanitaire pour le bien-être des nations, dont votre idée d’un pacte pour la Paix, avec une bannière spéciale pour la protection des trésors culturels, est effectivement un remarquable symbole. Je suis heureux, en effet, que ce pacte ait été accepté au Comité des Musées de la Ligue des Nations, et je suis certain qu’il aura des effets à longue portée sur l’harmonie culturelle des nations. »



Le 18 avril 1946, lors de la cession générale de la Sixième Conférence de l’Unité Culturelle Indienne, qui se tint à Calcutta, son président, pandit Amarnâth Jha, proposa d’adopter le Pacte Roerich. Il le fut à l’unanimité et, en 1948, le Gouvernement indien déclara officiellement adopter le Pacte Roerich et la Bannière de la Paix.

 

En 1950, le Comité du Pacte Roerich et de la Bannière de la Paix adressa du Dr Jaime Torres-Bodet, directeur général de l’Unesco, une copie du Pacte Roerich avec une documentation sur l’histoire de ce mouvement. En 1954, sur les bases de Pacte Roerich et de la Bannière de la Paix, lors de la Conférence Inter-gouvernementale pour la Défense des Propriétés Culturelles en cas de conflits armés, un accord décisif fut signé à La Haye, et, par la suite à Paris, en 1955 par les 39 Etats membres signataires.

 

 

« Sans la Culture, il ne peut y avoir ni compréhension mutuelle ni accord international. Sans la Culture, la compréhension des hommes ne peut embrasser tous les besoins de l’évolution. La Bannière de la Paix inclut tous les concepts subtils qui conduiront les nations à la compréhension que donne la Culture. L’humanité ne sait comment manifester son respect envers ce qui comprend l’immortalité de l’esprit. La Bannière de la Paix apportera la compréhension de cette signification élevée. L’humanité ne peut s’épanouir sans la connaissance de la grandeur de la Culture. La Bannière de la Paix ouvrira les portes à un avenir meilleur. Lorsque les nations sont sur la voie de la destruction, même le manque de développement spirituel ne doit pas empêcher de comprendre où réside l’élévation. Le salut réside dans la Culture. La Bannière de la Paix apportera un avenir meilleur. » Hiérarchie – série Agni Yoga.

Didier Du BLE

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Published by ASSOCIATION FRANCAISE de la BANNIERE de la PAIX - dans Traite International de la Haye
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