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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 22:48

 
UNESCO


http://www.unesco.org/fr/
http://www.unesco.org/fr/rapprochement-of-cultures/high-panel-on-peace/logue/intercultural-dialogue/

 

 

https://mail.google.com/mail/ca/u/0/?shva=1#inbox/13c8b8e91d747ec6

 


 Pour renforcer les activités de l’UNESCO sur le dialogue entre les cultures et la paix, la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, a décidé d’instituer un Haut Panel de personnalités éminentes invitées à seconder la réflexion de l’UNESCO sur les nouvelles dimensions de la paix dans notre monde à l’ère de la diversité culturelle et des conditions de la mondialisation, et du rôle que peut jouer le dialogue entre les cultures.  

 La première réunion inaugurale du Haut Panel sur la paix et le dialogue entre les cultures rassemblera une vingtaine de personnalités de tous les horizons géographiques et intellectuels – chercheurs, scientifiques, représentants de la société civile, journalistes, écrivains, artistes et créateurs, entrepreneurs, dignitaires religieux, tous des femmes aussi bien que des hommes. Cette première réunion du Haut Panel prévue au Siège de l’UNESCO le 18 février 2010, marquera également le lancement officiel de l’Année internationale du Rapprochement des cultures. Il est prévu que les membres du Haut Panel se réunissent une à deux fois par an et que sa composition puisse évoluer en fonction des thèmes abordés.  

 Le Haut Panel sur la  paix et le dialogue entre les cultures aura pour mission principale d’accompagner le travail de l’UNESCO dans ce domaine et de mobiliser les perspectives diverses des différentes régions du monde et un éventail d’acteurs concernés.

  

BSP/2010/ME/H/1

PANEL DE HAUT NIVEAU SUR LA PAIX

ET LE DIALOGUE ENTRE LES CULTURES

DOCUMENT DE REFERENCE

Première réunion (inaugurale)

UNESCO, 18 février 2010

 

BSP/2010/ME/H/1

L’UNESCO, une solide expérience de plus de 60 ans

L’UNESCO, par son Acte constitutif, a pour mission ultime de construire la paix, et ce, par une voie

originale, qui est de resserrer la coopération internationale en éducation, sciences, culture et

communication. C’est là une mission complémentaire à celle de l’ONU qui est « de faire et

maintenir » la paix, par des accords économiques, sociaux ou politiques. Mais cela ne suffit pas.

Encore faut-il constituer les fondements de la paix, grâce aux agences spécialisées qui gravitent

autour de l’ONU. Parmi celles-ci, l’UNESCO est chargée de tout ce qui concerne l’esprit (et le

coeur) des hommes et des femmes, en suscitant, grâce à ses domaines de compétence,

« l’adhésion unanime, durable et sincère des peuples » à l’idée de paix.

Depuis sa fondation, il y a plus de 60 ans, l’UNESCO s’est donc employée à développer

l’éducation, les sciences, la culture et la communication au service de la paix. Ce faisant, elle a

adapté son action aux circonstances, c'est-à-dire aux besoins du moment, oscillant entre une

vision purement technique de son mandat (développer l’éducation, la science, la culture et la

communication, per se) – et une vision plus « idéologique » (développer l’éducation, la science, la

culture et la communication pour les mettre au service de la paix, et non comme une fin en soi).

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, tout était à reconstruire. D’où l’idée de participer,

notamment en Europe, à un « Plan Marshall » pour la reconstruction, au service de la paix, des

institutions éducatives, scientifiques, culturelles et de communication détruites par la guerre. Au

moment de l’irruption, sur la scène internationale des États nouvellement indépendants, à l’issue

des processus de décolonisation (de la fin des années 1960 à la fin des années 1980), l’accent fut

mis sur la lutte contre la discrimination, le racisme et l’apartheid et l’accession au statut de Nations

à part entière. Au début des années 1990, quand il devint évident que les guerres changeaient de

nature et devenaient plutôt des conflits internes, l’accent fut mis sur la consolidation de la paix à

l’issue des conflits ; des programmes nationaux de « culture de la paix », reposant sur une action

conjuguée des domaines de compétence de l’Organisation furent expérimentés dans des pays

comme El Salvador, le Mozambique, le Cambodge, le Rwanda…, immédiatement après la

conclusion des accords de paix, pour éviter que les institutions reconstruites ne conduisent de

nouveau au conflit. Au cours de la dernière décennie, marquée par la « Décennie internationale de

la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde » ainsi

que par le « Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations » il devint évident que les

menaces sur la paix se diversifiaient : outre la perception nouvelle de menaces telles que le

terrorisme, la gestion des ressources en eau, le changement climatique, la défaillance de certains

États, l’accroissement de la violence dans nombre de sociétés, l’utilisation de l’espace ou du

cyberespace, l’accent essentiellement mis sur le lien entre le désarmement et la paix au cours des

décennies précédentes, s’est clairement déplacé vers le dialogue et la compréhension dans un

monde de diversité. C’est pourquoi, lors de la définition des orientations stratégiques de

l’Organisation pour la période 2008-2013, l’une des principales priorités stratégiques a été

intitulée : « Promouvoir la diversité culturelle, le dialogue interculturel et une culture de la paix ».

Ce bref aperçu de 60 années montre que l’UNESCO, tout en adaptant son action aux nécessités

du moment, a toujours été fidèle à sa mission de bâtir la paix dans l’esprit des hommes.

Dans cette fidélité, un invariant est la définition de la paix, telle qu’elle résulte de l’Acte constitutif

de l’UNESCO, dans ses différentes composantes : principes démocratiques, droits de l’homme,

justice, liberté et solidarité. L’Acte constitutif de l’UNESCO est le seul texte à valeur universelle, de

cette époque, à faire référence aux principes démocratiques, qu’il définit en termes de dignité,

d’égalité et de respect de la personne humaine1. Le respect des droits de l’homme et des libertés

fondamentales pour tous « sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion » est aussi

l’un des objectifs que poursuit l’UNESCO au terme de son Acte constitutif – des droits de l’homme

dont la Conférence mondiale de Vienne, en 1993, a réaffirmé l’universalité et l’unité. Quant à la

1 La guerre est rendue possible par le « reniement de l’idéal démocratique de dignité, d’égalité et de

respect de la personne humaine ».

 

 


justice et la liberté (citées là aussi par l’Acte constitutif comme un idéal à atteindre, tant comme

principe moral que comme disposition légale, par exemple par la diffusion de la culture et

l’éducation de tous) ainsi qu’à la solidarité (que l’Acte constitutif définit comme « morale » et

« intellectuelle »), ce sont autant de principes fondamentaux sans lesquels il n’est pas de « paix

durable », c'est-à-dire une paix qui soit autre chose qu’une simple « absence de guerre ».

Un nouveau contexte

À l’orée de la deuxième décennie du XXIe siècle, on peut à nouveau se demander si l’UNESCO ne

devrait pas changer de méthode et d’approche, c'est-à-dire adapter son action au nouveau

contexte, tout en gardant le cap, construire la paix dans l’esprit des hommes. La question qui se

pose est de savoir, dans la mesure où il est de plus en plus admis à l’échelon international que le

dialogue contribue de façon décisive à la paix et à la réconciliation, comment l’UNESCO peut se

positionner pour exploiter toutes les possibilités de dialogue à tous les niveaux.

La mondialisation, ses processus, son impact sont aujourd’hui des notions prévalentes qui ne

s’imposaient pas avec une telle force il y a dix ou vingt ans. Il est clair que les conditions de

construction de la paix ont été beaucoup modifiées par ces processus. C’est sur ce thème que les

vues du Panel sont recherchées, et notamment sur les relations entre dialogue des cultures et

paix.

Pourquoi le dialogue des cultures ? Parce que c’est un thème encore insuffisamment exploré dans

ses rapports avec la paix (il suffit de voir le « glissement », dans les termes utilisés, de « clash » à

« dialogue » ou « rapprochement » ; de « cultures » à « civilisations » ou à « peuples », sans que

l’on sache si ce glissement révèle des évolutions idéologiques ou conceptuelles, des

positionnements politiques ou des problèmes de traduction), et que chacun pressent que, du fait

de la mondialisation, une nouvelle donne est en cours, que l’UNESCO pourrait contribuer à influer

et à orienter.

La « diversité culturelle » est au coeur de l’action de l’UNESCO depuis un certain temps, tant en ce

qui concerne la réflexion que l’action normative. La Déclaration de 2001 sur la diversité culturelle,

suivie en 2005 d’une Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions

culturelles, sont autant de jalons de cette action normative, qui reconnaît dans la promotion de la

diversité des expressions culturelles un des facteurs de la paix. Tout récemment, l’UNESCO a

publié un Rapport mondial sur la diversité culturelle, qui a pour premier objectif de battre en brèche

un certain nombre d’idées reçues sur la diversité culturelle et d’élucider les conditions qui

permettraient à la diversité culturelle d’être bénéfique : la première d’entre elles, c’est d’instaurer

un véritable dialogue entre les cultures, sans quoi la diversité culturelle risque de se flétrir, ou de

mourir d’inanition. Car la diversité culturelle est d’abord une dynamique, et il convient d’élucider

les moyens de maintenir cette dynamique, dans des sociétés de plus en plus diversifiées, où

coexistent plusieurs cultures qui, selon la définition retenue par la communauté internationale,

englobent « outre les arts et les lettres, les modes de vie, les façons de vivre ensemble, les

systèmes de valeur, les traditions et les croyances ».

Bref, la question que pose l’UNESCO – et à laquelle les réflexions du Panel pourraient apporter un

début de réponse – est : est-ce qu’une réflexion novatrice sur le dialogue des cultures peut

apporter à la construction de la paix ?

 

 

Quelques pistes de réflexion

Les vues du Panel de haut niveau sont donc sollicitées sur le thème suivant : en quoi le dialogue

des cultures peut-il renouveler, dans le monde actuel, notre approche des moyens de construire la

paix dans l’esprit des hommes ?

Un présupposé à cette question : c’est que les principes fondamentaux de la paix (tels que cités

dans notre Acte constitutif : principes démocratiques ; droits de l’homme ; justice ; liberté, et

solidarité) ont besoin d’être « appropriés » par les différentes cultures (dans toutes leurs

composantes) pour être effectivement exercés et donc conduire à la paix, au lieu de rester des

normes abstraites, voire imposées par les autres. L’universalité des principes fondamentaux de la

paix ne peut donc sortir que renforcée d’un authentique dialogue entre les cultures. Pour ce faire,

peut-être conviendrait-il :

(i) D’améliorer, et explorer les conditions d’un authentique dialogue des cultures

sur divers thèmes relatifs à la paix. Des questions méritent d’être posées comme :

quels sont les objectifs qui peuvent être assignés au dialogue des cultures sur la paix ?

Qui décide de l’agenda ? Quelles sont les exigences minimales, les risques, pièges et

écueils inhérents ? Quelles sont les perceptions du concept « d’égalité dans le

dialogue » ? Comment concilier raison et émotion ?

(ii) De faire appel à une large diversité d’acteurs. On sait bien que ce ne sont pas les

« cultures » qui se font la guerre, mais les acteurs étatiques, institutionnels,

économiques, religieux, etc. Aussi conviendrait-il de faire appel à d’autres acteurs, y

compris individuels, qui vivent, façonnent et perpétuent les cultures ; car comment

dialoguer, sinon entre individus ? Il s’agira, pour le Panel, d’ouvrir des plates-formes de

dialogue entre d’autres partenaires, de différentes cultures, qui ne sont pas

nécessairement habitués à être ensemble et engagés dans un dialogue ; de trouver les

moyens d’impliquer et de donner force à de nouvelles voix dans le dialogue, comme

les jeunes, les femmes, etc. On peut attendre de ces nouveaux acteurs, jusqu’ici peu

sollicités, une vision alternative, renouvelée et novatrice des conditions de la paix. On

pourrait aussi penser à faire un usage beaucoup plus large des possibilités qu’offrent

les nouvelles technologies de l’information pour faciliter le dialogue.

(iii) De renouveler nos partenariats, y compris en aidant à forger de nouveaux

partenariats publics/privés au service de la paix. Les partenaires du « dialogue des

cultures » sont connus : il s’agit principalement de partenaires gouvernementaux

(ONU, Alliance des civilisations, Conseil de l’Europe, Union européenne, ALECSO,

ISESCO, etc.) et non gouvernementaux. Comment élargir ces partenariats, au-delà de

la sphère du gouvernemental et du non gouvernemental, au secteur privé, qui peut

avoir un intérêt à renouveler le « dialogue des cultures au service de la paix » ? On sait

aujourd’hui que diversité culturelle et économie sont loin d’être incompatibles, car la

diversité culturelle favorise la créativité et l’innovation. Comment tirer parti, par

exemple, de la nouvelle voie offerte par la reconnaissance des identités et des

individus pour élargir le pluralisme culturel à toutes les sphères de la société, y compris

privées ?

Tels sont quelques-uns des axes sur lesquels le Panel pourrait réfléchir, visant à explorer les

potentialités qu’offrirait un authentique dialogue des cultures pour la construction de la paix, basé

sur une solidarité entre toutes les cultures afin de créer une nouvelle éthique universelle du vivre

ensemble.

 

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