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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 00:18

roerich pactParis, 21 février {N°97-23} - Le "droit de l’être humain à la paix" devrait être reconnu et la célébration, en 1998, du 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme pourrait être l’occasion de cette reconnaissance, suggère le Directeur général de l’UNESCO, Federico Mayor. Souhaitant aller plus loin que l’article III de la Déclaration et donner à la paix le caractère d’un véritable droit de la personne humaine, Federico Mayor poursuit son effort pédagogique en faveur de la paix.

Dans une déclaration de quinze pages, publiée à la veille de la rencontre "Droit de l’être humain à la paix et Culture de paix" que l’UNESCO organise du 23 au 25 février à Las Palmas, le Directeur général de l’UNESCO appelle à une mobilisation urgente «pour passer en deux ou trois ans d’une culture de guerre à une culture de paix». «Traduisons la Déclaration [universelle des droits de l’homme] dans toutes les langues, affichons-la dans toutes les écoles, dans toutes les maisons, aux quatre coins du monde! Ainsi l’utopie d’aujourd’hui deviendra l’heureuse réalité de demain!», proclame-t-il dans cette déclaration.

Federico Mayor y rappelle bien sûr l’importance de la paix: «Une paix durable est la condition préalable de l’exercice de tous les droits et devoirs de l’être humain. [...] Paix, développement et démocratie forment un triangle interactif. Chacun de ces trois éléments est tributaire des deux autres». Mais le Directeur général de l’UNESCO insiste surtout sur la prévention: «Il nous faut débusquer les causes profondes des problèmes mondiaux et nous efforcer, en agissant avec imagination et persévérance, d’étouffer les conflits à la racine ou, mieux encore, de les prévenir. La prévention: voilà la véritable victoire à la mesure des facultés propres à l’être humain

Cette prévention suppose un engagement total: «La renonciation généralisée à la violence requiert l’engagement de toute la société. Elle est l’affaire non du gouvernement mais de l’Etat, non de quelques dirigeants mais de l’ensemble de la société [...]. La mobilisation qui est nécessaire d’urgence pour passer en deux ou trois ans d’une culture de guerre à une culture de paix exige la coopération de tous. [...] Il faut une nouvelle approche de la sécurité à l’échelle mondiale, régionale et nationale. Les forces armées doivent être garantes de la stabilité démocratique et de la protection des citoyens, car il est impossible de passer de systèmes caractérisés par une sécurité totale et une liberté nulle à des systèmes où la liberté serait totale et la sécurité, nulle. [...] Aujourd’hui, nous sommes préparés à l’éventualité de la guerre et nous vivons notre existence quotidienne démunis et sans défense face aux vicissitudes de toute nature.»

«Il est évident que l’on ne peut payer en même temps le prix de la guerre et celui de la paix», précise Federico Mayor qui développe ensuite les nombreux apports que l’éducation peut fournir à ce combat pour la paix. «Investir dans l’éducation, ce n’est pas seulement respecter un droit fondamental, c’est bâtir la paix et le progrès des peuples», souligne-t-il. Il insiste aussi sur le fait que cette transformation profonde ne peut se faire sans la jeunesse, et encore moins à son insu.

Convaincu de cette nécessité de voir la jeunesse se ranger sous «la bannière de la paix et de la justice», Federico Mayor a proposé que la prochaine session de la Conférence générale ait pour thème central de réflexion: "L’UNESCO et les jeunes". «Quel que soit le thème abordé [...], toutes les grandes conférences des Nations Unies se sont accordées à proclamer que l’éducation est la clé de l’indispensable changement d’orientation d’un monde où l’écart qui nous sépare les uns des autres, en termes de richesses matérielles et de savoir, ne cesse de se creuser au lieu de se combler», précise-t-il dans sa déclaration. Il ajoute: «Chaque enfant est le patrimoine le plus important à sauvegarder. Parfois, on a l’impression que l’UNESCO s’efforce uniquement de préserver les monuments en pierre ou les sites naturels. Ce n’est pas le cas. C’est là ce qui est le plus visible. Le moins vulnérable. Mais nous devons protéger la totalité de notre héritage: le patrimoine spirituel, intangible, fragile. Le patrimoine génétique. Et surtout le patrimoine éthique, ces valeurs essentielles, universelles, que notre Acte constitutif définit avec une clarté inspirée.»

Après ces précisions sur le rôle fondamental de la jeunesse, Federico Mayor lance un avertissement solennel: «En 1989, un système s’est effondré parce que, fondé sur l’égalité, il avait oublié la liberté. Le système actuel, fondé sur la liberté, risque de connaître le même sort s’il oublie l’égalité et la solidarité. [...] C’est pourquoi la morale - et l’intérêt - nous commande de renforcer sur tous les fronts la lutte contre l’exclusion et la marginalisation.» Mais la tolérance est, elle aussi, de mise: «Une conscience de paix [...] n’est pas une chose qui s’improvise du jour au lendemain ou qui se décrète. Elle se forge dans le retour - après la fin des illusions du matérialisme et de l’asservissement au marché - à la liberté de penser et d’agir, sans artifices, à l’austérité, à la force indomptable de l’esprit, qui est la source même de la paix comme de la guerre, ainsi que l’avaient proclamé les fondateurs de l’UNESCO.»

Pour Federico Mayor, le passage de l’instinct de guerre à cette conscience de paix serait le plus beau cadeau que les générations actuelles pourraient faire à nos descendants. «Ce serait aussi la meilleure façon de célébrer en 1998 le cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme», précise-t-il avant de rappeler: «D’autres "droits" sont venus s’ajouter à ceux qui avaient été proclamés en 1948. Tous doivent être pris en compte, sans oublier celui qui conditionne tous les autres: le droit à la paix, le droit de vivre en paix, qui n’est autre que le droit à notre "souveraineté personnelle", au respect de la vie et de sa dignité.»

La Déclaration se termine par un vibrant appel qui, lui aussi, replace les droits de l’homme dans ce contexte global, et donc ouvert à tous et à toutes, sans exclusive: «Les droits de l’homme! A l’aube d’un nouveau millénaire, tel doit être notre idéal: mettre ces droits en pratique, les compléter, les vivre, les revivre, les réactiver chaque matin! Aucune nation, aucune institution ou aucun individu ne peut se sentir autorisé à s’approprier ou à représenter les droits de l’homme et encore moins à délivrer des brevets aux autres dans ce domaine. Les droits de l’homme ne sont pas quelque chose que l’on possède ou qu’on peut donner: il faut les conquérir et les mériter chaque jour

Le texte intégral de la Déclaration sur le droit de l’être humain à la paix est accessible sur le site Internet (http://www.unesco.org) et disponible en 6 langues (anglais, arabe, chinois, espagnol, français, russe) auprès du Service de presse de l’UNESCO (tél. + 33 (0)1 45 68 17 44).

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Published by ASSOCIATION FRANCAISE de la BANNIERE de la PAIX - dans Unesco - Paix & Patrimoine
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