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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 17:46

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 La Culture est vénération de la Lumière. La Culture est amour de l’humanité. La Culture est parfum, l’unité de la vie et de la beauté. La Culture est la synthèse de l’élévation de la connaissance et du développement de la sensibilité. La Culture est l’armure de la Lumière. La Culture est sauvegarde. La Culture est la puissance qui motive. La Culture est le Cœur.

 

Si nous rassemblons toutes les définitions de la Culture, nous trouvons la synthèse de Bonheur actif, l’autel du rayonnement et la beauté constructive.

 

Condamnation, désobligeance, souillure, mélancolie, désintégration, et toutes les autres caractéristiques de l’ignorance ne conviennent pas à la Culture. Le grand arbre de la Culture est nourri par une connaissance illimitée, par un travail éclairé, par la créativité incessante et une noble réalisation. Par l’étude, l’intérêt et l’admiration nous devenons de véritables coopérateurs de l’évolution ; ainsi pourra émerger, des brillants rayons de la Lumière suprême, la vraie connaissance. Cette connaissance raffinée est basée sur une réelle compréhension et la tolérance. De cette source vient la grande compréhension. Et de cette grande compréhension s’élève la Suprême Beauté, c’est-à-dire l’enthousiasme éclairé et raffiné pour la Paix.

 

La Culture et la Paix font de l’homme un être véritablement invincible, et en réalisant toutes les conditions spirituelles, il devient tolérant et embrasse l’Univers. L’intolérance n’est qu’un signe de faiblesse. Si nous admettons que tout mensonge, toute erreur peut être démasquée, cela signifie tout d’abord, qu’un mensonge est stupide et impossible. Mais, qu’a-t-il caché celui qui s’est consacré à la  Culture et à la Paix ? Aidant ses frères il aide au bien-être général, qui de tout temps a été apprécié. En luttant pour la Paix il devient le pilier d’un Etat qui s’achemine vers le progrès. En cessant de calomnier nos frères nous augmentons la productivité, engendrée par la création en commun. Ce n’est pas en nous querellant que nous prouverons notre connaissance des fondations. Ce n’est pas en perdant notre temps dans l’oisiveté que nous pourrons prouver que nous sommes de vrais collaborateurs pour préparer le terrain de la Culture. En trouvant la joie par le labeur quotidien nous montrons que la conception de l’Infinité ne nous est pas étrangère. En ne faisant nul mal aux autres nous ne nous faisons pas de mal, et en donnant éternellement nous réalisons que par le don de soi nous recevons. Ce cadeau sanctifié n’est pas le trésor caché d’un avare. Nous comprenons combien est créative l’affirmation, et combien est destructive la négation. Parmi les conceptions de base, celle de la Paix et de la Culture sont des conceptions que même un homme ignorant n’osera pas attaquer. Là où se trouve la Culture, se trouve la Paix. Là où est la juste solution pour les difficiles problèmes sociaux, se trouve la réalisation.

 

La vie contemporaine change rapidement. Les signes d’une nouvelle évolution frappent à toutes les portes. Avant la venue des générations futures nous ressentons la splendide responsabilité de la véritable science non conventionnelle. Nous comprenons graduellement le mal de toute chose négative. Nous commençons à mettre en valeur toute positivité et construction éclairée, et de ce fait, par une clémente tolérance, nous pouvons préparer un bonheur vital pour notre prochaine génération, transformant ainsi les vagues abstractions en réalités salvatrices.

 

Quel jour marquant sera l’époque, quand on pourra dérouler la Bannière de la Culture au- dessus de chaque pays, de chaque centre de l’Esprit, au-dessus de la beauté et de la connaissance ! Ce signe appellera chacun à vénérer les trésors du génie humain, à respecter la culture et à avoir une nouvelle évaluation du travail, en tant que seule mesure des vraies valeurs. Dès l’enfance, les gens seront les témoins du fait qu’il n’existe pas seulement un drapeau pour la santé de l’homme mais aussi qu’il existe un signe de Paix et de Culture pour la santé de l’esprit. Ce signe qui sera déroulé au-dessus de tous les trésors du génie humain pourra dire : Ici sont conservés les trésors de toute l’humanité, ici, au-dessus de toute mesquinerie, au-delà des frontières illusoires, de l’inimitié et de la haine, surplombe la fougueuse forteresse de l’amour, du travail et de toute nouvelle création.

 

Sur les rouleaux de commandement il a été inscrit qu’un jardin spirituel a besoin quotidiennement du même arrosage que celui d’un jardin de fleurs. Si nous considérons encore que de l’aspect physique fleurit le véritable ornement de notre vie, alors, jusqu’à quel point devons-nous encore nous souvenir et prescrire les valeurs créatrices de l’esprit, la place de premier choix qu’il doit tenir dans la vie qui nous entoure ! Alors, laissez-nous, avec une vigilance éternelle et infatigable, marquer bénévolement les manifestations de travailleurs de la Culture. Efforçons-nous, dans chaque voie possible, de faciliter ce chemin difficile de l’héroïque accomplissement.

 

Laissez-nous aussi marquer et trouver une place dans nos vies pour les Grands Hommes, en nous rappelant que leurs noms ne sont plus personnels, avec tous les attributs de l’égo limité mais qu’ils sont devenus la propriété de la Culture universelle, et qu’ils doivent être sauvegardés et savamment protégés par des conditions les plus bienveillantes.

 

Nous devons ainsi continuer leur travail de sacrifice de soi et nous devons cultiver leurs semences créatrices, lesquelles, comme nous le voyons, sont souvent salies par l’incompréhension et envahies par les mauvaises herbes de l’ignorance.

 

S’il vous était demandé de quel pays et de quelle constitution pour le futur vous rêvez, vous pouvez répondre avec une totale dignité : Nous visualisons le pays de la Grande Culture. Le pays de la Grande Culture sera votre noble devise. Vous saurez que dans ce pays sera la Paix où la Connaissance et la Beauté seront vénérées.

 

Chaque chose créée avec hostilité est impraticable et périssable. L’histoire de l’humanité nous a donnés de remarquables exemples, montrant combien était nécessaire au progrès la créativité juste et pacifique. La main se fatigue de l’épée, mais la main du créateur soutenue par la puissance de l’Esprit est infatigable et invincible. Aucune épée ne peut détruire l’héritage de la Culture. Il se peut que l’esprit humain dévie temporairement des sources premières, mais à l’heure prédestinée il se réalignera aux pouvoirs renouvelés de l’esprit.

 

Nous sommes fatigués par les destructions et les négations. La création positive est la qualité fondamentale de l’esprit humain. Devenons ceux qui, surmontant les difficultés personnelles, mettant de côté l’égoïsme mesquin, propulsent leur esprit vers les tâches consistant à la préservation de la Culture, assurant ainsi un futur radieux.

 

Conformément au monde médical, nous savons que les soi-disant remèdes vitalisant ne peuvent pas soudainement agir. Même pour la meilleure vitalisation, le temps est nécessaire pour qu’il puisse pénétrer tous les centres nerveux, pour les stimuler non seulement mécaniquement mais réellement pour renforcer et revitaliser la substance nerveuse. Si nous voyons dans tous les exemples de vie la nécessité d’une certaine période servant au progrès de la revitalisation, alors combien il est vraiment nécessaire de penser et de commencer à agir sous un signe tel que celui de la « Croix Rouge » de la Culture.

 

L’humanité s’est accoutumée au signe de la Croix Rouge. Ce beau symbole a pénétré la vie non seulement en période de guerre, mais il a permis à toute  existence d’affirmer le concept de l’humanitaire. La même réalisation de l’humanitaire, la même nécessité inaltérable, de la plus petite à la plus grande, doivent entourer ce signe de la Culture, similaire de la Croix Rouge. L’homme ne doit pas penser à la Culture uniquement à certaine occasion, lorsque c’est le moment de la digestion d’un savoureux dîner. L’homme devrait savoir que lorsqu’il à faim et froid, la Culture est aussi nécessaire. Comme le signe de la Croix Rouge brille intensément pour les blessés, de même le symbole de la Culture devrait irradier de ses feux les êtres qui ont faim dans leur corps et leur esprit.

 

Est-il temps maintenant d’obstruer, de protester, d’être en désaccord et de se disputer petitement ? Quand une ambulance de la Croix Rouge roule activement à travers les rues, la circulation s’arrête pour lui laisser le passage. De même pour le signe de la Culture, renonçons au moins à quelques-unes unes de nos coutumes habituelles, à tous les sédiments vulgaires et aux limitations poussiéreuses de l’ignorance, desquels, de toute façon, nous devrons tôt ou tard nous purifier.

 

La Culture et la Paix, le but le plus sacré de l’humanité ! Dans ces jours de grande confusion, à la fois spirituels et matériels, l’esprit troublé s’efforce dans ces rayonnants bastions. Mais ne devrions nous pas nous unir de façon uniquement abstraite, au nom de conceptions régénératrices ? Selon nos compétences, chacun dans son domaine, nous devrions les appliquer dans la vie qui nous entoure actuellement comme étant la qualité la plus nécessaire et la plus inéluctable. Nous ne devons pas craindre l’enthousiasme. Seuls l’ignorant et l’impuissant, au niveau spirituel, se moqueraient de ce noble sentiment. Rien ne peut nous empêcher de nous consacrer au service de la Culture, aussi longtemps que nous croyons en elle et que nous lui donnons nos pensées les plus enflammées.

 

Au-dessus de toutes les confusions les Anges chantent la Paix et la Bonne Volonté. Aucune arme, aucun explosif ne peuvent faire taire les chœurs du Paradis. Et, en dépit de toute la sagesse terrestre, l’idéalisme, en tant qu’enseignement du Bien, restera le principe de vie le plus rapidement accessible et le plus rénovateur.

 

 

« La véritable Paix, la véritable Unité est le désir du cœur humain. Il lutte pour travailler créativement et activement, car son travail est une source de Joie. Il veut aimer et s’épanouir ans la réalisation de la sublime Beauté. Dans la plus haute appréhension de la Beauté et de la Sagesse, toutes les divisions conventionnelles disparaissent. Le cœur parle son propre langage, il veut se réjouir de ce qui est connu à tous, il élève tout et conduit au Futur rayonnant. Tous les symboles et tablettes de l’humanité contiennent le même signe, la prière sacrée : Paix et Unité. » Unité Culturel, de Nicolas Roerich.

 

 

La Bannière de la Paix - (déclaration de Nicolas Roerich au New York Time, le 16 mars 1930)

 

 

L’humanité, suivant diverses voies, s’efforce à établir une Paix durable, et chaque homme, dans son cœur, peut comprendre que ce travail constructif est un signe véritable de l’Ere Nouvelle. Cette vision pour la Paix, conséquemment, fait apparaître, que toutes discussions dont l’objet est comparer les diverses espèces d’obus ou celle qui relate la possibilité de remplacer deux cuirassé par un seul navire de guerre d’un nouveau type, sont incongrues et choquantes. Néanmoins, nous pouvons considérer que ces discussions sont des prémices pour un équilibre d’armement et des tentatives préliminaires pour la Paix, pour compter les instincts belliqueux des hommes par le moyen de créations joyeuses et resplendissantes de l’esprit.

 

Un fait cependant demeure : les obus d’un seul canon peuvent détruire les plus précieux trésors de l’Art et de la Science, tout comme le ferait une flotte. Nous déplorons la perte de la Bibliothèque de Louvain et les dégâts que subit la cathédrale de Reims. Nous nous souvenons aussi que des trésors de collections privées furent anéantis au cours des conflits. Toutefois, nous ne voulons pas prononcer des mots d’inimitié pour ces faits, nous dirons seulement : détruits par les erreurs humaines, l’espoir humain les relèvera. De semblables erreurs peuvent se répéter, d’autres précieux jalons de l’accomplissement de l’histoire humaine être de nouveau détruits.

 

Contre de telles erreurs d’ignorance nous devons prendre des mesures immédiates et, bien que celles-ci puissent être uniquement des mesures de protection préliminaire, un pas en ce sens peut être couronné de succès. Personne ne peut contester que le drapeau de la Croix Rouge ait été d’une incommensurable valeur, rappelant au monde le sens de l’humanitaire et de la compassion.

 

Pour cette raison, le projet d’un pacte de paix internationale, dont le but est la protection de tous les trésors de l’Art et de la Science, a été esquissé par le Roerich Museum et proposé par les Etats Unis d’Amérique à tous les gouvernements étrangers. Le but de ce projet, soumis au Département d’Etat et au Comité des Relations Etrangères, est d’éviter la répétition des atrocités de la dernière guerre mondiale contre des cathédrales, des musées, des bibliothèques et autres monuments légués par le passé.

Ce plan projette la création d’un drapeau qui sera déployé au-dessus des musées, cathédrales, bibliothèques, universités, et autres centres culturels afin que ceux-ci soient respectés comme lieux internationaux et territoires neutres. Ce plan, élaboré par le Roerich Museum, a été rédigé, conformément aux codes de Droit International, par le docteur Georges Chklaver, docteur en Droit International et en Science Politique et Economique de l’Université de Paris, en consultation avec le professeur Albert Geouffre de la Pradelle, membre de la Cour de Justice de La Haye, vice-président de l’Institut de Droit International de Paris et membre de la Faculté de Droit. Tous deux sont conseillers honaires du Roerich Museum.

 

Comme il est stipulé dans l’article I du Pacte : « Les institutions éducatives, artistiques et scientifiques, les missions artistiques et scientifiques, le personnel, la propriété et les collections de ces institutions et missions seront considérés comme neutres et, comme tels, devront être protégés et respectés par les belligérants.

 

Protection et respect seront dus aux dites institutions et missions en tous lieux, sujettes à la souveraineté des hautes parties contractantes, sans aucune discrimination en ce qui concerne les Etats dont relèvent ces institutions et missions. »

 

Quand l’idée de ce drapeau international pour protéger la Culture fut pour la première fois émise, nous n’avons pas été surpris de trouver qu’elle rencontrait un intérêt unanime et un grand enthousiasme. Des hommes d’Etat expérimentés furent même étonnés que personne n’y ait pensé plus tôt. Et, quand nous avons demandé à nos conseillers honoraires, le docteur Georges Chklaver et le professeur Geouffre de la Pradelle, de traduire cette idée par une formule internationale, nous n’avons pas seulement reçu un projet adéquatement formulé, mais également plusieurs réponses répondant à une sympathie universelle.

 

Ce drapeau international pour la protection de la Beauté et de la Science ne sera pas contraire aux intérêts et ne conduira à aucun malentendu. Bien au contraire, il élèvera l’universelle compréhension des découvertes évolutionnaires, comme si de nouvelles valeurs humaines avaient été crées et que nous nous mouvions sur un sentier de progrès et de paix. Cette compréhension pour un effort créatif vers la Paix rappelle une nécessité, celle de marquer les trésors culturels dans les annales du monde. Ceci n’est pas difficile et, dans beaucoup de pays, il est déjà accompli, bien qu’il y ait des lacunes et que chaque enrichissement dans la connaissance universelle doit être accueilli.

 

De même que le drapeau de la Croix Rouge n’a besoin d’explication pour l’homme, de même, ce nouveau drapeau, gardien des trésors culturels, parlera à tous. Il paraît assez simple d’expliquer, même à un esprit inculte, l’importance de sauvegarder l’Art et la Science.

 

Nous répétons souvent que la pierre angulaire de la future civilisation reposera sur la Beauté et la Connaissance. Dès à présent nous devons donc agir avec cette pensée, et agir rapidement. La Ligue des Nations, qui a progressé vers une harmonie universelle, ne sera pas opposée à ce drapeau, afin qu’il exprime ses buts d’Unité du Monde.

 

Ce n’est pas par accident si cette idée est originairement conçue aux Etats Unis d’Amérique. En effet, du fait même de sa position géographique, les Etats Unis sont moins affectés par des mesures de protection. Cette proposition vient donc d’un pays dont les trésors de l’art ne sont pas en danger, illustrant ainsi que le meilleur de ce drapeau est un symbole de Paix, non d’un seul pays mais de la civilisation mondiale comme un tout.

 

Ce drapeau, conçu pour ce projet, comporte trois sphères rouges à l’intérieur d’un cercle de couleur rouge sur fonde blanc. C’est un symbole d’éternité et d’unité, et, bien que je ne puisse dire quand cette bannière flottera au-dessus de toutes les institutions culturelles du monde, le germe est semé. Il a déjà attiré l’attention de nombreux esprits et voyage de cœur à cœur, propageant à la fois la Paix et la Bonne Volonté parmi les hommes.

 

Il est réellement impératif, pour une prospérité glorieuse, de prendre immédiatement des mesures pour protéger le noble héritage de notre passé. Mais ceci ne peut réellement s’établir qu’à la seule condition que tous les pays s’engagent eux-mêmes à protéger les créations de la Culture, lesquelles, après tout, appartiennent non à une nation mais à l’humanité. Dans cette perspective nous pouvons créer la prochaine mesure vitale pour une Culture et une Paix universelles.

 

 

« La Bannière de la Paix est le symbole fondamental qui permettra à l’humanité de franchir une nouvelle étape. Sous ce symbole, la beauté de l’Art et de la Connaissance s’assembleront et les nations s’uniront. Notre Bannière est le symbole des principes les plus élevés ! »

 

 

                                                                                  Hiérarchie – série Agni Yoga.

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Published by ASSOCIATION FRANCAISE de la BANNIERE de la PAIX - dans Sur la culture...
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